La laïcité : pilier de la République française

Le 11 mai 2010….Débat au parlement… vers une loi de consensus ?

Le gouvernement a annoncé qu’un projet de loi serait déposé en conseil des ministres au mois de mai concernant le voile intégral. Il parait que le burga constitue une « atteinte à la dignité des femmes ». Il s’agit de « ne pas laisser dériver le phénomène ». Le gouvernement se propose de légiférer parce que le port du voile intégral est le signe d’un repli communautaire et d’un rejet des valeurs de la République.

Le Conseil d’Etat a émis des réserves sur l’opportunité de légiférer. La plus haute juridiction administrative en France a prévenu qu’une interdiction générale pourrait être contestée sur le plan juridique.

Les députés SRC ont arrêté leur position pour la prochaine loi sur le voile intégral : comme la loi de 2004 sur l’interdiction des signes religieux à l’école, ils souhaitent une démarche de concorde républicaine qui ne soit pas stigmatisante pour les compatriotes musulmans, mais qui « au contraire les aide face aux fondamentalistes ».

Par ailleurs, une association musulmanne de Meaux Attaque en justice M. Hebbadj.

Le gouvernement projette de punir de 150 euros d’amende le port du voile intégral et d’un an d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende le fait de l’imposer à une femme, selon une version du texte révélée par la presse ce vendredi. Le texte sera transmis au Conseil d’État pour avis avant son examen en conseil des ministres le 19 mai.

Le premier article du projet de loi stipule que « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage ». On sait maintenant qu’en septembre, ces femmes qui sont souvent « victimes » deviendront bientôt coupables au regard de la loi.

L’article 2 crée un nouveau délit d' »instigation à dissimuler son visage en raison de son sexe ». Imposer une telle tenue par « la violence, la menace, l’abus de pouvoir ou d’autorité sera puni d’un an de prison et de 15.000 euros d’amende ».

Ce débat sur le principe de Laïcité est très important, la laïcité est un pilier de la République Française.

Commentaire vivre la laïcité en France aujourd’hui?

L’interdiction annoncée de la burqa est une décision heureuse et courageuse, pour les femmes, la démocratie et la République, et qui marque un tournant important dans le débat des idées.

Depuis le vote, ci joint une déclaration de Patrick Kessel :

C’est une victoire pour toutes les femmes, pour leur dignité et l’égalité avec les hommes. Ces principes à vocation universelle sont inscrits dans la loi. Leur transgression ne constitue pas une opinion mais un délit et doit être traité comme tel. La loi commune est pour tous et ne se négocie pas au coup par coup. A nouveau avec Lacordaire rappelons que « c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

C’est aussi une victoire de l’universalisme sur les pratiques communautaristes. Car la prohibition de la burqa ne constitue pas une mesure concernant uniquement quelques milliers de femmes vivant en France mais aussi un message de solidarité et d’espoir aux millions de femmes qui, de par le monde subissent un destin qu’elles n’ont pas choisi. Alors même que les droits des femmes et plus largement les droits universels inscrits dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 sont régulièrement vilipendés du haut de la tribune des Nations Unies au nom d’identités communautaristes. C’est à ces femmes, la Bangladaise Taslima Nasreen, la Polonaise Alicja Tysiac, l’Afghane Shoukria Haidar, la Soudanaise Lubna Ahmad Al-Hussein, la Canadienne Djemila Benhabib, l’Algérienne Wassyla Tamzali, l’Irakienne Yanar Mohamed et à des milliers d’anonymes, qui risquent leur vie pour être libres que s’adresse ce message de lumière. Il est heureux que la France, sur ce plan, retrouve la voix qui fait qu’elle est aimée dans le monde.

C’est également une victoire de la démocratie car elle rappelle haut et fort que celle-ci n’est pas la reconnaissance de n’importe quelles « différences » mais le moyen de gérer une société par l’élection libre. Il n’est pas interdit d’interdire. La démocratie a même le devoir de prohiber ce qui menace ses fondements éthiques et institutionnels.

C’est une victoire pour la République car elle permet de rappeler que celle-ci est constituée de citoyens libres et égaux en droit et non de communautés autonomes, aux droits spécifiques qui prendraient le pas sur la loi commune.

C’est une victoire pour l’intelligence. A force de paraître résignés face aux discours bien-pensants de la différence et du relativisme, culpabilisés par la peur de passer pour raciste, réactionnaire ou « laïcard » dès lors qu’on dénonce des pratiques obscurantistes, ceux qui façonnent l’opinion publique en étaient parvenus à nier toute réalité déplaisante, à imposer ce qu’il est convenu de dire avant même de penser, à convaincre de l’impuissance de la République à faire respecter ses principes fondateurs inscrits dans la Constitution ainsi que de l’obsolescence des Lumières qu’on pourrait désormais jeter aux poubelles de l’Histoire !

L’interdiction de la burqa, quelles que soient les réserves qui ont pu être exprimées ici ou là, réaffirme tout cela. C’est pourquoi il est essentiel que le débat politique qui va s’ouvrir sur ce sujet débouche sur l’approbation la plus large des représentants du peuple. Que le sujet ne soit pas confisqué par des arrières pensées politiciennes ou instrumentalisé à des fins électorales. A droite où la question ne doit pas servir à masquer les sujets sociaux de l’actualité ou à nourrir un discours tout sécuritaire. A gauche où certains pourraient penser qu’il conviendrait de se réfugier dans l’opportunisme des « abonnés absents » pour assurer une victoire aux prochaines échéances électorales. A droite comme à gauche, des femmes et des hommes fidèles aux valeurs de la citoyenneté républicaines et à ses valeurs universelles ont un rôle important à assumer face au malaise profond qui s’exprime quotidiennement dans « la vie vraie ». Chacun doit être convaincu que tout ne fait que commencer car tout est à faire. C’est peut être aussi par de tels effets collatéraux positifs que l’interdiction de la burqa pourrait avoir des conséquences heureuses sur la vie politique plutôt que d’abandonner le terrain aux populismes qui s’éveillent en Europe. (Patrick Kessel)

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