Impliquer le citoyen pour réconcilier intérêts particuliers et intérêt général

A l’heure où les sondages font l’opinion, il est tentant de réduire la pensée politique à un simple indicateur, à un simple résultat de sondage dénué de toute dimension humaine. La désaffection des personnes pour les affaires publiques, pour l’intérêt général traduit un affaiblissement de la conscience citoyenne. Il existe une tendance très forte à privilégier les intérêts personnels au détriment de ceux de la collectivité et même de ceux de la nation. De plus en plus de personnes se replient sur la sphère privée, se sentant impuissantes, incapables de changer l’ordre des choses.

L’Etat dans une démocratie, en s’appuyant sur la société civile doit donner les moyens de faire participer les citoyens aux affaires publiques locales, de stimuler la participation des français aux débats nationaux. Ces débats sont malheureusement le plus souvent considérés trop éloignés des contingences quotidiennes. Il s’agit alors de combattre le désintérêt pour les affaires publiques et l’intérêt général. La démocratie moderne favorise le jeu des partis, l’usage des médias et tend à réduire l’électeur à un rôle de spectateur passif. L’électeur se sent exclu de la décision politique, alors il s’abstient aux élections. Il faut donc réconcilier le citoyen avec les affaires publiques, la politique, la construction de l’intérêt général.

La démocratie participative a souvent trouvé son fondement dans les lacunes de la démocratie représentative, un parlement non représentatif de la diversité de la société, l’éloignement des élus du terrain et de la réalité quotidienne, ou le sentiment pour les citoyens de ne pas être compris des politiciens, la méfiance envers les hommes politiques, ou encore l’augmentation de l’abstention. La démocratie participative s’inspire des concepts qui ont été mis en place à partir des années 1960 dans les nombreuses entreprises afin d’améliorer l’organisation des postes de travail.

Mais il ne suffit pas de décréter la démocratie participative pour qu’elle soit réelle, car ne participeront aux débats que les citoyens responsables, actifs. Il faudrait agir sur les autres électeurs inactifs, passifs, désabusés pour qu’ils s’expriment et prennent part aux débats faisant naitre ainsi un projet de société constructif en cohérence avec l’intérêt du plus grand nombre et non pas être le reflet de celui d’une déconnection de la réalité.

La question du lien entre les citoyens et les élus, du fonctionnement de notre démocratie est une préoccupation forte. Pourtant le rapport avec les citoyens montrent un désintérêt pour la chose publique. La notion d’intérêt général doit se confronter plus que jamais à l’explosion d’intérêts privés et/ou corporatistes. Il existe un réel danger démocratique dans la mise à distance de la personne vis-à-vis de l’intérêt général.

La recherche de la définition de l’intérêt général doit être une préoccupation constante. Elle passe par le dialogue et l’échange entre les citoyens, mais également avec la société civile et l’ensemble des corps intermédiaires. Il est illusoire de penser que notre société pourrait avoir une capacité réelle de lutter contre le désintérêt des citoyens si le pouvoir politique ne s’interroge pas sur sa manière de gouverner.

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