Débat sur l’Islam : valoriser plutôt qu’exacerber les différences

Alors que les peuples montrent que le monde musulman bouge, la France ne donne-t-elle pas l’impression qu’elle reste centrée sur elle-même ?

Depuis plus de 23 ans et l’affaire du foulard à Creil, le débat sur l’islam en France est réactivé régulièrement par nos gouvernants.

Même si le débat sur l’islam est légitime, le calendrier électoral lui porte préjudice. Il pourra renforcer une nouvelle fois, les amalgames. Il entraine la confusion entre l’islam, l’immigration, l’insécurité et l’extrèmisme religieux. On l’a bien vu au cours du débat sur l’identité nationale, j’en parle d’ailleurs dans mon livre (Et pour que Marianne chante à nouveau), il fut sujet aux dérapages et les questions de fond de l’adhésion au projet républicain, et de la pédagogiqe nécessaire ne furent jamais abordées.

Relancer le débat, en cette période, c’est une nouvelle fois agiter les peurs, les différences qui alimentent les propositions de l’extrème droite, alors qu’en France nous avons besoin de valoriser ce qui rassemble, ce qui fait ressource, ce qui unit. Nous pouvons interpréter cette stratégie comme une incapacité à proposer un réel projet pour sortir de la crise, redresser l’économie, résorber le chômage ou réduire les inégalités, affirmer les valeurs universelles de la république française.

Pointer la question de l’islam sous entend qu’il pourrait y avoir une incompatibilité entre cette religion et les valeurs républicaines et la laicité. Or les musulmans de France n’ont jamais demandé un quelconque traitement d’exception à la Loi de 1905.

Les questions soulevées dans l’actualité comme la construction des mosquées, ou les prières dans la rue, demandent le plus souvent uniquement l’application de la Loi de 1905 dans son volet technique, sans démagogie et en sortant de l’idéologie.

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