Les jeunes indignés… que nous disent-ils ?

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Qui sont les jeunes qui manifestent dans les nombreux mouvements d’indignés en Europe, à la suite des révolutions arabes ? Que demandent-ils ? Pourquoi ?

Ces mouvements d’indignation, sont des actions spontanées et informelles. Il y a peu de place pour des organisations plus structurées. Elles ne sont pas au cœur de ce mouvement social. Cela me pousse à penser que la jeunesse revendique pour elle-même.

Les jeunes expriment un ras le bol de la situation dans laquelle ils vivent, notamment socio-économique. La génération actuelle est la plus diplômée que nous n’ayons connue et c’est en même temps celle qui s’apprête à vivre moins bien que la précédente. Même si l’on peut nuancer ce constat, il ne reste pas moins central.

Ce mouvement né en Espagne où la situation est critique, s’est poursuivi en Grèce au regard d’une situation des plus dramatiques et le mouvement s’étend vers la France ou la Belgique.

Dans les discours portés, les jeunes s’affirment contre la société, contre le capitalisme et contre les politiques. Mais au-delà, c’est un malaise qui s’exprime vis-à-vis du fonctionnement de nos sociétés démocratiques. En Europe, nous subissons les conséquences économiques et financières de la crise de fin 2008, dont le système est fondé sur la haute finance où les mécanismes de régulation ne fonctionnent plus et où la spéculation est le seul objectif.
Le mouvement des jeunes indignés, c’est une interpellation, voire une remise en cause de la démocratie représentative en demandant plus de participation. La démocratie permet d’élire nos représentants et l’alternance politique est possible. On constate cependant, que les alternances politiques et les débats ne sont pas suffisamment lisibles et visibles. La droite comme la gauche gouvernent. Qu’est ce qui différencie la gestion d’une commune par la droite ou par la gauche ? Qu’est ce qui différencie la gestion d’un pays par un gouvernement de droite ou par un de gauche ? Aujourd’hui, la démocratie a perdu de son essence. Elle n’est plus porteuse de sens et de perspectives comme ce fut le cas pour les générations précédentes. L’économie a pris le dessus sur le politique, et tout le monde fait semblant de l’ignorer. Les jeunes ne se reconnaissent plus dans ce fonctionnement. Ils demandent plus de participation, ce qui correspond parfaitement aux outils de communication actuels que sont les réseaux sociaux. Ils expriment deux idées fortes, réguler le système économique mondial pour éviter les dérives du capitalisme et en même temps au local, développer des démarches de participation, voire d’autogestion.

J’ai la conviction, que les jeunes critiquent davantage les politiques que la politique. Ici, nous sommes dans quelque chose de dangereux, la marge est étroite, car il faut éviter de tomber dans le populisme. J’entends certains adultes s’interroger : que veulent-ils ? Ou affirmer : « s’ils travaillaient, ils manifesteraient moins » ou même « ils vont bientôt manifester contre la pluie ». Les jeunes s’exaspèrent de l’impuissance politique. Les politiques donnent l’illusion, qu’ils font et refont des budgets, qu’ils créent des emplois, qu’ils maitrisent les situations, il n’en est rien. Les jeunes le voient et demandent à retrouver une capacité à reprendre la main sur le monde qui les entoure.
Ce contexte d’indignations pourrait provoquer un choc entre générations. En effet, lorsque les taux de chômage sont importants. Quand les politiques publiques se sont révélées impuissantes face à crise de 2008. Quand on affirme que dans 10 à 15 ans il faudra faire face au vieillissement de la population, avec des coûts énormes, alors que depuis 20 ans tous les organismes disent qu’il faut s’y préparer, et que peu de choses sont mises en place. Lorsque le réchauffement climatique impose une remise en cause de notre modèle de croissance. Quelles perspectives donne-t-on aux nouvelles générations à part celles de devoir payer le train de vie « luxueux » des précédentes ? Le risque de confrontation est fort.
Bien sur dans les revendications des jeunes, on trouve l’expression d’une gauche radicale, mais on aurait tord de se limiter à cette explication. Les jeunes descendent dans la rue, ne restent pas devant leurs ordinateurs, c’est aussi un signe positif.

Les jeunes veulent transformer la société pour plus de justice. Il nous appartient, adultes, citoyens, élus politiques, de les entendre, de placer la politique au dessus des intérêts économiques, mais aussi de changer radicalement les pratiques actuelles du pouvoir. Trop de pratiques éloignent les élus des personnes. Faire de la politique, c’est aussi «respecter et aimer les gens ». Que la politique ne soit pas seulement une profession, mais que la politique soit avant tout une militance et un engagement.

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