Lien avec la tribune dans le Journal Les Echos : http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/associations-fondations/221139769/emploi-jeunes-associations-doivent-subir-lausteri

 

500 000 associations portent un projet d’éducation populaire en France. 200 000 d’entre elles appartiennent au secteur de l’économie sociale et solidaire. Ces associations représentent 1,6% du PIB en France, 650 000 emplois, plus de 6 millions de bénévoles.

Loin de l’image traditionnelle du groupe d’amateurs organisant ses loisirs, les associations sont un acteur à part entière de la société. Un sondage CSA réalisé début 2010, nous apprenait que 68 % des Français comptaient plus sur les associations que sur les pouvoirs publics ou les entreprises pour faire face aux difficultés de la période actuelle.

Ce secteur porte un projet le plus souvent favorisant la cohésion sociale, le lien entre les générations ou la volonté d’accompagner la personne dans son émancipation. Au-delà des projets qui  donnent du sens aux actions, ces associations sont des acteurs économiques majeurs. Dans certaines régions, elles représentent plus de 15% de l’emploi. Certaines MJC (Maison des Jeunes et de la Culture), par exemple, font parties des plus importants employeurs dans les départements ruraux.

Leur modèle économique repose sur une diversification des ressources venant de collectivités locales ou territoriales, de fonds européens, de la participation des habitants, de l’Etat ou de financements privés. Les emplois créés dans ce secteur sont des emplois de proximité et non délocalisables. Les associations sont assujetties à la taxe sur les salaires qui est calculée sur les rémunérations versées au cours de l’année, au même titre que les collectivités ou les banques. Il faut également rappeler que les associations ne sont pas les seules à bénéficier des subventions de l’Etat. Nombreuses entreprises lucratives bénéficient d’aides pour développer leur activité.

Pour les acteurs non lucratifs, à la différence des structures lucratives, les marges financières dégagées en fin d’exercice ne sont pas versées à un
actionnaire, mais sont obligatoirement ré-investies dans le projet. Les associations sont soumises aux mêmes règles de contrôle comptable et budgétaire que les entreprises lucratives.

Structures économiques, les associations créent de l’emploi, payent les mêmes charges qu’une entreprise lucrative. Pourquoi nous dit-on alors que les associations coutent chers ? Pourquoi les stigmatiser ? Pourquoi ne les reconnait-on pas aussi comme des acteurs économiques ?

L’exemple de la FFMJC est édifiant. Son budget annuel est de 13 millions d’euros. Plus de 90% de ce budget correspond à des salaires et charges. En répondant à nos obligations d’employeur nous alimentons les différentes caisses, prévoyance, sécurité sociale, retraite etc… Pour la FFMJC, la taxe sur les salaires reversées à l’Etat chaque année est de près de 800 000 euros alors que les financements perçus de l’Etat, via les conventions pluri-annuelles d’objectifs (CPO) sont de près de 350 000 euros. Lorsque l’Etat nous subventionne pour 1, nous reversons en tant qu’employeur associatif 2.

A l’heure où le gouvernement appelle à des restrictions budgétaires, il est essentiel de soutenir la croissance et les rentrées fiscales y afférant. Les
associations y participent fortement. Toutes les forces de notre nation doivent se mobiliser en faveur de l’emploi et particulièrement en direction des jeunes. Au moment où les jeunes confirment leur désintérêt pour les institutions , ne se sentant pas considérés ni par les hommes politiques, ni par l’éducation nationale, ni par les services d’aide à la recherche d’emploi, il est indispensable que les acteurs de l’économie sociale que sont les associations soient reconnues au travers de leur projet et de leur modèle économique comme structurant le territoire et participant à la création de richesses. Cette reconnaissance c’est aussi celle d’une société civile qui se mobilise pour dépasser la crise actuelle.

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